État de Libye
(ar) دَوْلَةُ لِيبْيَا, Dawlatu Lībyā
(ber) ⴰⵡⴰⵏⴽ ⵏ ⵍⵉⴱⵢⴰ
Drapeau de la Libye |
Armoiries de la Libye |
| Hymne |
en arabe : لِيبْيَا لِيبْيَا لِيبْيَا (Lībiyā Lībiyā Lībiyā, « Libye, Libye, Libye ») |
|---|
| Plus grande ville | Tripoli |
|---|---|
| Superficie totale |
1 759 540 km2 (classé 17e) |
| Superficie en eau | Négligeable |
| Fuseau horaire | UTC +2 |
| Entité précédente | |
|---|---|
| Indépendance |
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| Date | |
| Régence de Tripoli | - |
| Libye italienne | -/ |
| Autonomie de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque | 1918/1919-1922 |
| Administration britannique en Libye | - |
| Administration militaire française au Fezzan | - |
| Royaume de Libye | - |
| Jamahiriya arabe libyenne | - |
| Conseil national de transition | - |
| Transition | Depuis le |
| Gentilé | Libyen(s), Libyenne(s) |
|---|---|
| Population totale (2023[2]) |
7 252 573 hab. (classé 107e) |
| Densité | 4 hab./km2 |
| Monnaie |
Dinar libyen (LYD) |
|---|
| IDH (2023) |
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|---|---|
| Indice d'inégalité de genre (2023) |
|
| Code ISO 3166-1 |
LBY, LY |
|---|---|
| Domaine Internet | .ly |
| Indicatif téléphonique | +218 |
| Organisations internationales |
|
La Libye (en arabe : لِيبْيَا, Lībyā ; en berbère : ⵍⵉⴱⵢⴰ, Libya), en forme longue l'État de Libye[5],[6] (en arabe : دَوْلَةُ لِيبْيَا, Dawlaẗu Lībyā ; en berbère : ⴰⵡⴰⵏⴽ ⵏ ⵍⵉⴱⵢⴰ, Awank n Libya), est un État d'Afrique du Nord faisant partiellement partie du Maghreb. Elle est bordée au nord par la mer de Libye en mer Méditerranée, au nord-ouest par la Tunisie, à l'ouest par l'Algérie, au sud-ouest par le Niger, au sud-sud-est par le Tchad, au sud-est par le Soudan et à l'est par l'Égypte.
Elle s'étend sur 1 759 540 km2, ce qui la place au quatrième rang africain et au dix-huitième rang mondial. Sa population s'estime à 7,52 millions d'habitants en 2026[7]. Elle se concentre sur les côtes, l'intérieur du pays étant désertique. Sa capitale, Tripoli, sur la côte méditerranéenne, est également sa plus grande agglomération (1,1 million d'habitants), devant Misrata (1 million d'habitants), Benghazi (plus de 631 000 habitants[8]) et El Beïda (250 000 habitants[9]).
Les Libyens sont en majorité de culture arabe et de confession musulmane sunnite. Le produit intérieur brut de la Libye est l'un des plus élevés d'Afrique. Son économie repose très largement sur l'exportation du pétrole. Elle est membre, entre autres, de la Ligue arabe, de l'Union africaine, de l'Union du Maghreb arabe et de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).
La Libye tire son nom d'une tribu amazigh nommée Libou par les anciens Égyptiens, qui a donné le mot grec ancien Λιβύη / Libyè (« Libwé »). Peuplé originellement de Berbères, son territoire est colonisé pendant l'Antiquité par les Phéniciens, puis les Grecs, avant d'être conquis par l'Empire romain. Au VIIe siècle, il est conquis par les armées arabes, qui y diffusent leur culture et leur religion. Après avoir été soumis à divers royaumes bédouins pendant le Moyen Âge, il passe sous le contrôle de l'Empire ottoman au XVIe siècle. La régence de Tripoli devient un véritable État avant d'être directement reprise en main par l'Empire ottoman en 1835.
Dernière possession ottomane en Afrique, l'actuel territoire de la Libye est conquis et colonisé par le royaume d'Italie en 1912, à l'issue de la guerre italo-turque. Durant la Seconde Guerre mondiale, la Libye italienne est envahie et occupée par les Alliés. En 1951, elle proclame son indépendance sous la forme d'une monarchie dirigée par Idris Ier. En 1969, un coup d'État militaire renverse le roi, et la République arabe libyenne est proclamée par le colonel Kadhafi. Dès lors, et pendant près de 42 ans, la Libye est gouvernée par Mouammar Kadhafi. En 1977, le pays prend le nouveau nom de Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste. En 2011, durant le Printemps arabe, une rébellion éclate et se transforme bientôt en guerre civile : avec le soutien d'une intervention militaire internationale conduite par l'OTAN, les rebelles renversent Kadhafi et le tuent au mois d'octobre 2011. La Libye est depuis un pays disloqué, soumis à des luttes incessantes entre groupes armés et hommes politiques[10]. À partir de 2014, le pays sombre dans une nouvelle guerre civile tandis que le gouvernement mis en place par le processus de paix des Nations unies fait face à une rébellion dans l'Est du pays. Un cessez-le-feu permanent est signé le [11]. Malgré tous ces efforts, la réunification semble hors de portée, alors que le gouvernement de Benghazi se renforce territorialement et diplomatiquement.
Dénomination
[modifier | modifier le code]La Libye s'écrit, en arabe, ليبيا, Lībiyā, Lībiyya et دولة ليبيا, Dawlat Lībiyā ; et en tamazight, ⵍⵉⴱⵢⴰ, Libya et ⴰⵡⴰⵏⴽ ⵏ ⵍⵉⴱⵢⴰ, Awanek n Libya[12],[13].
Durant l'Antiquité grecque, puis romaine, le terme de « Libye » (Λιβύη / Libúē ou Λιβύᾱ / Libúā) est utilisé pour désigner toute l'Afrique du Nord jusqu'à l'ouest de l'Égypte. Le terme « Libyens » désigne, quant à lui, un ensemble de peuples nord-africains, dont les ancêtres des Berbères. L'appellation Libye est réintroduite au XXe siècle par l'Italie, qui reprend le terme antique pour nommer les territoires de Libye italienne après leur conquête. Les trois parties traditionnelles du pays sont la Tripolitaine, le Fezzan et la Cyrénaïque.
La Libye a aussi été incluse dans le territoire du Maghrib al-Adna (Maghreb oriental) avec la Tunisie par les historiens et géographes musulmans arabophones.
En 1977, le régime du colonel Kadhafi change le nom du pays en Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste (en arabe الجماهيريةالعربية الليبية الشعبية الإشتراكية العظمى, al-Jamahiriya al-Arabiya al-Libiya al-Shaabiya al-Ishtirakiya al-Odhma).
Depuis la prise du pouvoir du CNT et la mise en place d'un gouvernement provisoire, le pays est de nouveau désigné sous le nom de Libye[14],[15],[16].
Le , le Congrès national libyen approuve un changement de nom pour le pays, qui enterre définitivement l'ancienne appellation de « Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste » pour adopter « État de Libye », qui devient le nom officiel jusqu'à l'adoption de la Constitution au cours de l'année 2013. Selon la présidence du Congrès national, la décision du changement de nom provient de la volonté de rompre avec le régime Kadhafi qui a duré de 1969 à 2011. Toutefois, ce sera la prochaine constitution qui fixera définitivement le nom officiel qu'adoptera la Libye, ainsi que la nature du régime politique, la langue officielle et les grandes lignes de son cadre législatif[17],[18],[19],[20],[21].
Géographie
[modifier | modifier le code]| Carte de la Libye (cliquable) | |
|---|---|
La Libye est située dans la partie septentrionale du continent africain, délimitée au nord par la mer de Libye. Elle est encadrée par l'Égypte à l'est, le Soudan, le Tchad et le Niger au sud, l'Algérie et la Tunisie à l'ouest. Contrairement à la Tunisie, à l'Algérie et au Maroc situés comme la Libye sur la frange nord du Sahara, le pays ne dispose pas de chaînes de montagnes côtières importantes, capables de faire barrière à la sécheresse du désert. Le désert, sous lequel ont été trouvées des nappes phréatiques profondes, domine pratiquement tout le territoire, d'une superficie de 1 775 500 kilomètres carrés, épargnant seulement deux petites régions côtières, dotées d'un relief un peu plus vigoureux, où s'est fixée la majorité de la population.
Géologie
[modifier | modifier le code]La Libye se situe sur un très vieux craton de la croûte terrestre : le craton nilotique à l'Est du djebel Akhdar. À l'ouest de ce dernier se situaient autrefois les chaînes de montagnes panafricaines qui ont été aplanies il y a 500 millions d'années et dont il ne subsiste pratiquement plus que des crêtes émoussées. Ces formations ont connu par la suite des épisodes volcaniques qui ont donné naissance notamment au massif du Tibesti à la frontière avec le Tchad et au djebel Al Haruj, plateau formé de coulées volcaniques. La couche gréseuse, qui recouvrait à la fois les anciens cratons et les chaînes montagneuses arasées, s'est progressivement déformée, créant de grandes cuvettes dans lesquelles le grès provenant de la destruction de l'ancien socle s'est accumulé, formant des roches-réservoirs. Celles-ci ont piégé les hydrocarbures qui constituent aujourd'hui les principales richesses de la Libye ainsi que l'eau fossile qui s'est infiltrée au cours des épisodes climatiques tempérés[22].
Relief
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Les deux zones géographiques principales du pays sont la côte méditerranéenne et le désert du Sahara. On trouve plusieurs hauts plateaux mais pas de réelle chaîne montagneuse, à l'exception du massif du Tibesti, près de la frontière tchadienne, qui culmine à plus de 2 200 mètres.
Sur la partie occidentale de la côte libyenne, les monts de Matmata, situés en Tunisie, se prolongent en Tripolitaine par le djebel Nefoussa, formant un plateau de 600 à 800 mètres culminant à 981 mètres au niveau de la ville de Tripoli. Il présente un relief plus abrupt côté Méditerranée, qui est relativement arrosé (300 mm par an) et domine la plaine côtière agricole de la Djeffara. Celle-ci, de forme triangulaire et faisant au maximum 120 km de large, a une superficie de 15 000 km2. Elle bénéficie dans une moindre mesure de ce relief, qui fait barrage à l'influence du désert avec une pluviométrie supérieure à 200 mm par an. Elle constitue à ce titre l'une des deux zones de concentration humaine du pays et abrite la capitale. La deuxième chaîne côtière, le djebel Akhdar en Cyrénaïque, est séparée de la Djeffara par une côte désertique longue de 500 km, qui borde le golfe de Syrte, et qui est traditionnellement considérée comme la frontière entre le Maghreb et le Machrek. Le djebel Akhdar est un plateau d'une altitude moyenne de 500 mètres qui culmine à 872 mètres ; il doit son nom (« montagne verte » en arabe) à une pluviométrie abondante (500 mm par an en moyenne) liée à la présence d'eaux côtières plus froides. Ce climat permet la présence de la seule véritable forêt du pays, formée de pins, de cyprès et d'oliviers sauvages. Ce massif domine la plaine côtière d'Al Marj qui abrite la deuxième concentration humaine du pays. Cette plaine est plus petite que la plaine de Djeffara et forme un croissant de 210 km de long entre Benghazi et Derna, pour une largeur maximale de 50 km[23].
Le reste du pays, soit plus de 90 % de la superficie, constitue une des parties les plus arides du Sahara. Il est essentiellement composé de vastes plateaux désertiques constitués d'ergs sablonneux ou de regs rocailleux, qui descendent en pente douce vers la mer Méditerranée. Quelques reliefs ponctuent ce désert, comme le djebel as-Sawda en arrière du golfe de Syrte et le petit massif de l'Hulayq al Kabir (1 200 mètres). Le point culminant du pays est le Bikku Bitti à 2 267 mètres d'altitude, qui est situé à la frontière avec le Tchad et fait partie du Duhun Tarsu, une extension septentrionale du massif du Tibesti[24].
Le Fezzan au sud-ouest et le désert Libyque à l'est, qui constituent les deux grandes régions désertiques du pays, ne sont peuplés que dans les rares oasis comme Koufra où la présence d'eau permet la pratique de l'agriculture.
Climat
[modifier | modifier le code]Le climat de la Libye est méditerranéen à été chaud (Classification de Köppen Csa) à tendance semi-aride/aride au bord de la mer, puis carrément désertique chaud (Classification de Köppen BWh) particulièrement accentué (hyper-aride) dans le reste du pays sur près de 95 % de la superficie du territoire. L'isohyète des 100 mm de précipitations annuelles, en deçà duquel un climat est qualifié de vraiment désertique, débute à quelques dizaines de kilomètres des côtes presque partout, et touche même celles-ci au niveau du golfe central de Syrte. Seules les deux zones côtières situées en avant des petits massifs montagneux connaissent un climat méditerranéen, avec des précipitations concentrées durant la saison froide de décembre à février. Les précipitations culminent sur le Djebel Akhdar : 300 à 500 mm.
La sécheresse extrême du Sahara est causée par un anticyclone renforcé qui y stationne en permanence, repoussant toute intrusion d'air maritime humide. Cet anticyclone produit un vent chaud et sec, de secteur sud, appelé « ghibli » (sirocco en Algérie, chergui au Maroc), qui souffle presque toute l'année. La Libye est un pays des plus secs et des plus arides au monde : par exemple, dans le désert, la moyenne annuelle des précipitations tombe à 8,3 mm à Sebha, à 6,6 mm à Mourzouq et même à 0,5 mm à Koufra, située presque exactement au centre géographique du désert Libyque. De plus, dans le grand sud libyen, la pluie ne tombe pas tous les ans, et parfois, des séries d'années voire des décennies peuvent s'écouler sans la moindre trace de pluie. Dans le même temps, la durée moyenne annuelle de l'insolation effective est très élevée sur l'ensemble du territoire : elle passe de plus de 3 000 h/an sur la côte méditerranéenne à un maximum extrême de 4 300 h/an dans les régions sahariennes les plus ensoleillées[25], ce qui constitue un record mondial[26]. Il n'existe aucun cours d'eau permanent[27].
Seules sont utilisables les nappes phréatiques qui alimentent des milliers de puits et la Grande rivière artificielle, projet de Kadhafi, qui était en cours de réalisation avant 2011 et aurait dû alimenter en eau le nord du pays[28]. Le désert de Libye a été réputé détenir le record de la plus haute température naturelle jamais atteinte sur Terre, avec 58 °C (136,0 °F) pour la ville d'Aziziya, située au sud-ouest de Tripoli, enregistrée le 13 septembre 1922. Ce record a cependant été invalidé le 13 septembre 2012 par l'Organisation météorologique mondiale[29].
Faune
[modifier | modifier le code]La Libye a été un État pionnier en Afrique du Nord en matière de protection des espèces, avec la création en 1975 de l'aire protégée d'El Kouf. La chute du régime de Mouammar Kadhafi a favorisé un intense braconnage : « Avant la chute de Kadhafi même les fusils de chasse étaient interdits. Mais depuis 2011, le braconnage s'opère avec des armes de guerre et des véhicules sophistiqués dans lesquels on peut trouver jusqu'à 200 têtes de gazelles tuées par des miliciens qui chassent pour passer le temps. On assiste aussi à l'émergence de chasseurs sans lien avec les tribus qui pratiquent traditionnellement l'exercice cynégétique. Ils abattent tout ce qu'ils trouvent, même pendant la période de reproduction. Plus de 500 000 oiseaux sont ainsi tués chaque année, quand les zones protégées ont été saisies par les chefs tribaux qui se les sont appropriés. Les animaux qui y vivaient ont tous disparu, chassés quand ils sont comestibles ou relâchés quand ils ne le sont pas», explique le zoologiste Khaled Ettaieb.
Régime politique
[modifier | modifier le code]Porté au pouvoir par un coup d'État en 1969, Mouammar al-Kadhafi instaure la République arabe libyenne[108], régime d'inspiration socialiste, sur le modèle de l'Égypte dirigée par Gamal Abdel Nasser, gouvernée par un Conseil de commandement de la révolution. En 1973, sont formés des comités populaires conçus comme lieux de l'exercice d'une démocratie directe. En 1977, une nouvelle constitution, dite Déclaration sur l'avènement du Pouvoir du Peuple[109], donne au mode de gouvernement de la Libye le nom officiel de Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste (Jamahiriya étant un néologisme traduisible par État des masses) dans laquelle le pouvoir exécutif est partagé entre le Guide de la révolution et seize représentants du Congrès général du peuple, qui est l'organe législatif, et son bureau politique.
À partir de février 2011, ce pouvoir est contesté par une insurrection qui prend naissance à Benghazi et se propage sur une vaste portion du territoire libyen. Les rebelles et les régions qu'ils contrôlent sont dirigés dès le 27 février par un Conseil national de transition (CNT) présidé par l'ancien ministre de la Justice Moustapha Abdel Jalil. Après le 22 août 2011, la rébellion contrôle également la quasi-totalité de la capitale libyenne, réduisant ainsi l'ancien pouvoir de Kadhafi à une portion congrue. Beni Ulid et Syrte, derniers bastions de Kadhafi, tombent à l'automne ; Mouammar Kadhafi lui-même est capturé et tué en tentant de s'enfuir de Syrte.
La Libye entame alors une difficile période de transition politique. Une « déclaration constitutionnelle » provisoire, adoptée le , définit la Libye comme « un État démocratique indépendant où tous les pouvoirs dépendent du peuple » et prévoit de garantir le pluralisme politique et religieux, tout en basant la législation sur la charia[15]. Le CNT annonce qu'il ne prévoit de garder le pouvoir que jusqu'à la réunion d'une assemblée constituante, qui devra désigner un nouveau gouvernement et rédiger une constitution, soumise ensuite à référendum, préalable à des élections libres.
Le , un Congrès général national est élu au suffrage universel. À compter de sa première réunion, le 8 août, il se substitue au CNT et est chargé de désigner un nouveau gouvernement de transition, en attendant la mise en place des institutions définitives. Le nouveau régime connaît cependant les plus grandes difficultés à constituer une autorité centrale forte, et doit compter avec de nombreuses milices armées tribales ou régionales, notamment islamistes, qui se sont constituées durant la guerre civile et font planer des menaces de partition du pays[84]. Le pays apparaît bientôt comme un « État failli ». En 2014, après la tenue d'élections législatives en juin, la Libye, qui n'a toujours pas de véritable constitution, sombre dans une nouvelle guerre civile : deux gouvernements rivaux, celui de la Chambre des représentants issu des élections législatives, à Tobrouk, et celui du Congrès général national, s'affrontent.
Un nouveau gouvernement est nommé en mars 2021 afin d'organiser des élections présidentielle et législatives.
Subdivisions
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Depuis l'Antiquité jusqu'à l'occupation italienne dans les années 1930, on distinguait trois provinces en Libye. À l'ouest, la Tripolitaine, dont la partie « utile » est caractérisée par un réseau d'agglomérations anciennes et qui constitue une vieille région agricole. Cette région est proche sur le plan culturel et par son histoire de la Tunisie voisine. La Cyrénaïque, à l'est du pays, est une région de tradition pastorale, tournée par son histoire vers l'Égypte. Le Fezzan (ancienne Marmarique des Grecs), au sud de la Tripolitaine, est entièrement situé en zone désertique et constitue une région faiblement peuplée. Depuis l'indépendance en 1951, ce découpage a été modifié à plusieurs reprises. Mais, malgré les bouleversements de la société provoqués par le pétrole, et les mutations à marche forcée imposées par le gouvernement de Kadhafi, les clivages persistent entre les populations de la Cyrénaïque et de la Tripolitaine[110].
De 1951 à 1975/1983, la Libye est subdivisée en 3 puis 10 gouvernorats (muhafazat). Elle est par la suite subdivisée en districts, appelés baladiyat (1983-1995), puis, à partir de 1995, en quartiers appelés shabiyat. Le dernier découpage administratif (2007), en vigueur début 2011, délimite 22 districts, appelés en arabe shabiyat (arabe : شعبية shabiyah, pluriel شعبيات shabiyat) et parfois traduits par « quartiers » ou « municipalités ». Par ailleurs, à un échelon inférieur, des congrès populaires (arabe : مؤتمر شعبي أساسي mu'tamar shaʿbi asāsi) constituent une subdivision, utilisée pour la désignation de représentants[111].
Économie
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Lorsqu'elle accède à l'indépendance en 1951, la Libye, à la fois isolée et dénuée de ressources naturelles, est un des pays les plus pauvres du monde. Son économie est dominée par l'agriculture essentiellement pratiquée dans les régions côtières qui emploie alors 70 % de la population active et procure environ 30 % du produit national brut (PNB) tout en étant très dépendante de facteurs climatiques. La découverte en 1958 de champs de pétrole de grande taille a transformé l'économie du pays. La production de pétrole croît très rapidement atteignant 3 millions de barils par jour au cours des années 1960 et faisant de la Libye un des principaux exportateurs. Elle s'accompagne d'une élévation du niveau de vie très rapide : dans les années 1970 le PNB par habitant de la Libye est le plus élevé de toute l'Afrique[112]. Néanmoins, pendant toute la période Kadhafi, l'économie a été freinée par son caractère dirigiste (en 2005, le secteur privé ne représente que 2 % du PNB[112]) ainsi que par les sanctions internationales.
Le pétrole comme principal levier économique
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La Libye est à la neuvième place au palmarès des producteurs OPEP pendant la décennie 2010, derrière l'Arabie saoudite et l'Irak, l'Iran et les Emirats, mais aussi le Koweït, le Nigéria et le Venezuela. C'est aussi le troisième producteur de pétrole brut en Afrique après le Nigeria et l'Angola, devant l'Algérie. Mais la Libye dispose de la plus grande réserve de pétrole en Afrique, ses réserves sont estimées à 46,4 milliards de barils en 2011[113]. La Libye est donc un des acteurs majeurs de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).
Le pétrole libyen est de qualité, peu cher à produire et proche des centres de consommation. La capacité de production est en partie handicapée par la faiblesse des investissements liée à l'embargo qui n'a été levé qu'en 2003 et qui découlait des sanctions économiques décidées par le Conseil de sécurité des Nations unies en 1986 et prolongé en 1993 (voir : Résolution 748 (1992) et Résolution 883 (1993))[112].

Le pétrole fournit en 2005 93 % des recettes du pays et 95 % de ses exportations. La part des revenus du pétrole dans le PNB est particulièrement forte puisqu'elle est le double de celle de l'Arabie saoudite et le triple de celle de l'Iran[112]. En 2006 la production est de 1,8 million de barils par jour (2010) essentiellement concentrée sur le bassin de Syrte dont 270 000 sont consommés sur place et le reste exporté en majorité (85 %) dans les pays européens. L'industrie pétrolière est gérée par l'entreprise nationale publique National Oil Corporation (NOC) qui dispose d'une participation majoritaire dans tous les consortiums montés avec les compagnies pétrolières étrangères dans le domaine de l'exploration, de la production et du raffinage.
La Libye dispose également de réserves importantes de gaz naturel (1 548 milliards de m³) qui sont jusqu'à présent peu exploitées : 28 milliards de m³ (2009) sont produits et la moitié est utilisée dans le pays, en particulier dans des centrales de production électrique. Une partie du gaz est exportée vers l'Italie par le gazoduc Greenstream.
La Libye dispose de cinq raffineries d'une capacité de traitement totale de 378 000 barils par jour. Les deux plus importantes se trouvent à Ras Lanouf (220 000 bbl/j) et à Zaouïa (120 000 bbl/j)[113].
Le pétrole est la ressource quasi unique du pays qui reste fortement dépendant de l'étranger pour tout le reste. Le pétrole contribue directement à la formation du PNB à hauteur de 35 %, le secteur des services représente 45 % du PIB, la construction 7 %, l'industrie 7 % et l'agriculture 8 % (chiffres de 2005)[112].
Autres secteurs économiques
[modifier | modifier le code]Environ 1 % de la superficie de la Libye est cultivée et 8 % permet le pâturage. Les superficies recevant entre 250 et 500 mm de précipitations annuelles représentent 9 400 km2 dans les régions de Djeffara et du djebel Nefoussa à l'ouest et 13 000 km2 dans la région de Benghazi et du djebel Akhdar.

La région de Djeffara est la seule ayant une tradition agricole. Les principales productions sont le blé, l'orge, les tomates, les citrons, les pommes de terre, les olives, les figues, les abricots et les dattes. Les projets d'expansion de la production agricole en utilisant les abondantes réserves d'eau fossile (projet de la Grande rivière artificielle) n'ont pas donné de résultats significatifs. Malgré la volonté de ses dirigeants, la Libye est complètement dépendante des importations pour l'alimentation de sa population. L'industrie porte essentiellement sur la transformation des produits agricoles, la production de textiles, de ciment, d'acier à partir de minerai de fer importé et d'aluminium. Les unités de production sont souvent en mauvais état et sous-utilisées.
Malgré un bon potentiel (désert aux paysages spectaculaires, réseau dense de villes de l'Antiquité bien conservées, côte se prêtant au tourisme balnéaire), le tourisme est peu développé (environ 300 000 touristes en 2003 selon les statistiques officielles) car il manque des infrastructures d'accueil et des sociétés consacrées à cette activité[114].
Infrastructures
[modifier | modifier le code]Deux routes transafricaines se croisent en Libye:
La Libye dispose d'un réseau de routes asphaltées de 47 900 km et de deux aéroports internationaux à Benghazi et Tripoli. Il existe des plans pour relier par chemin de fer en voie normale les principales villes côtières de la Tripolitaine mais en 2011 la Libye ne dispose d'aucune infrastructure ferroviaire. Des ports sont implantés à Al Khums, Benghazi, Darnah, Marsa al Burayquan, Misratah, Ras Lanuf, Tobrouk, Tripoli et Zuwarah. Le pays dispose d'un réseau de 4 983 km de pipelines pour le transport de pétrole brut, de 443 km pour les produits pétroliers raffinés et de 1 947 km pour le gaz[114].
Projet de la grande rivière artificielle
[modifier | modifier le code]La Libye dispose d'énormes réserves d'eau fossile souterraine stockées dans une série d'aquifères situés dans les régions centrales et méridionales du pays. Pour combler le déficit en eau des régions habitées et des zones agricoles, le projet de la Grande rivière artificielle (Great Man Made River ou GMMR) a été lancé au début des années 1980. Il s'agit de construire un réseau de canalisations, de réservoirs tampon et de stations de pompage amenant 5 millions de mètres cubes par jour dans les provinces côtières. Le coût du projet qui devait s'achever en 2010 était estimé à l'époque à 30 milliards de dollars. La première phase, achevée en 1991, apporte 2 millions de m³/jour dans la région de Benghazi et de Syrte. La deuxième phase qui est également achevée achemine 1 million de m³/j depuis le Fezzan jusque dans la région de Tripoli et la plaine de la Djeffara. La troisième phase, prévue pour ajouter 1,68 million de m³ de débit journalier, n'avait pas été achevée lors de la chute de Kadhafi[114].
Niveau de vie
[modifier | modifier le code]En 2010 le produit national brut (PNB) atteint 74 milliards de dollars et le PNB par habitant de 12 020 dollars situe la Libye parmi les cinquante pays les plus prospères[115]. En 2011, dans un contexte de guerre civile, le PNB tombe à 34 milliards de dollars et le PNB par habitant à 4 700 dollars[116]. En 2007, la Libye est le pays le plus développé d'Afrique si on se réfère au classement IDH (Indice de développement humain) établi par le Programme des Nations unies pour le développement, celui-ci étant de 0,840. En 2013, selon le même organisme, l'IDH de la Libye a connu la plus forte baisse annuelle parmi les 187 pays examinés, pour redescendre à 0,784[117].
En 2017, 60 % de la population libyenne souffre de malnutrition. 1,3 million de personnes sont alors en attente d'une aide humanitaire d'urgence, sur une population totale de 6,4 millions d'habitants[118].
Démographie
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La Libye a une population totale de 6,6 millions d'habitants. Cette population était de 1,09 million en 1951, 2,06 millions en 1964 et 3,6 millions en 1984. Du fait d'un taux de croissance de 3,3 % sur la période 1960-2003[119], l'un des plus élevés du monde, la moitié de la population a moins de 15 ans[120]. La transition démographique est toutefois amorcée avec un taux de croissance tombé à 2 % et un taux brut de natalité ramené de 49 pour mille à 27 pour mille en 2003[119]. La majeure partie des habitants réside dans une étroite bande côtière. La densité atteint ainsi 50 habitants par km² dans les régions de la Tripolitaine et de Cyrénaïque mais tombe à moins de une personne par km² dans le reste du pays. 90 % de la population est concentrée sur 10 % de la superficie. La population urbaine, qui constituait en 1970 45 % du total, représente en 2003 86 % de la population, un des taux les plus élevés au monde[119].
La population est concentrée en majeure partie dans les trois plus grandes villes du pays Tripoli, Benghazi et Al Bayda. Tripoli (1,5 million d'habitants), la capitale du pays et de la région de la Tripolitaine, est une ancienne cité qui remonte à l'Antiquité (Oea). Elle rassemble une partie des administrations centrales, joue un rôle commercial majeur, notamment grâce à son port et à un tissu de petites et moyennes entreprises. La capitale se trouve au centre d'un réseau assez dense de villes de petite et moyenne taille que dominent Misrata et Zaouïa et qui absorbe aujourd'hui la majeure partie de la croissance démographique de la région.
Benghazi (700 000 habitants), capitale régionale de la Cyrénaïque, n'était qu'une modeste bourgade de 2 000 habitants à la fin du XIXe siècle au cœur d'une région dominée par le pastoralisme. Elle connaît une certaine croissance lors de la conquête par l'Italie de la région en 1932 qui entraîne la mise en culture de l'arrière-pays relativement bien arrosé. Mais elle prend principalement son essor avec la découverte en 1959 des champs de pétrole qui bordent le golfe de Syrte situés à environ 200 km de la ville. Les compagnies pétrolières y installent leurs services administratifs et les ateliers de réparation, ce qui entraîne un développement rapide des secteurs secondaire et tertiaire. La Cyrénaïque compte par ailleurs quatre autres villes d'une centaine de milliers d'habitants chacune : Tobrouk, le seul port naturel du pays, Ajdabiya, Al Bayda et Darnah.
La partie saharienne du pays compte quelques agglomérations d'importance. Koufra au cœur du désert Libyque et à 900 km du golfe de Syrte doit son développement à la volonté du gouvernement libyen d'exploiter les ressources de la nappe phréatique, mais surtout à son rôle de carrefour commercial sur la route menant au Tchad et au Soudan. Sabha (120 000 habitants) située sur la route commerciale menant au Sahara oriental a bénéficié d'une politique de décentralisation volontariste de l'État libyen et sert de plaque tournante à un commerce en partie informel où s'échangent produits alimentaires et produits manufacturés[121].
La population libyenne est composée principalement de Berbères, de Berbères arabisés, d'Arabes et de descendants de Turcs[122]. Un petit nombre de groupes tribaux Haoussa et Toubous, dans le sud de la Libye, pratiquent un mode de vie nomade ou semi-nomade. La Libye accueille un grand nombre d'émigrants étrangers qui sont en majorité originaires d'Égypte et d'Afrique subsaharienne[123]. 6 000 Italiens sont en partie les descendants des anciens colons dont la majorité ont quitté le pays lors de son accession à l'indépendance en 1947 et surtout en 1970 après l'arrivée au pouvoir de Kadhafi[124]. Une partie des immigrants, en majorité égyptiens et originaires de l'Afrique subsaharienne, sont illégaux[125].
La principale langue utilisée est l'arabe (arabe libyen) parlé par 80 % des Libyens ainsi que l'arabe standard moderne, qui est également une langue officielle. La langue berbère est une langue reconnue mais non officielle[126], utilisée par 20 % de la population (Berbères libyens et Touaregs). La majorité de la population berbérophone est concentrée dans le nord-ouest : dans le djebel Nafoussa (où est parlé le nafusi), la région du Yefren et la ville côtière de Zouara. La langue berbère est aussi parlée dans certains oasis tels que Soknah et Awijlah ; le tamahaq dans la région de Ghat par environ 17 000 personnes[127] et le zénète dans la région de Yafran[128].
Les locuteurs berbères vivent essentiellement dans le djebel Nefoussa dans la région de la Tripolitaine, dans la ville de Zouara sur la côte et dans les villes oasis de Ghadamès, Ghat et Awijilah. Les langues touboues sont parlées par des locuteurs vers les villages de Katroun et de Koufra. L'italien et l'anglais sont parfois pratiqués dans les grandes villes, surtout par les générations les plus âgées pour l'italien. Selon le Rapport sur les réfugiés dans le Monde 2008 publié par le comité américain sur les réfugiés et les immigrants, la Libye abrite une population de réfugiés et de demandeurs d'asile de 16 000 personnes en 2007. Sur ce nombre, environ 9 000 personnes proviennent de la Palestine, 3 200 du Soudan, 2 500 de la Somalie et 1 100 de l'Irak[129]. Les immigrés tunisiens en Libye sont estimés à environ 211 000 personnes[130].
Il existe environ 140 tribus et clans en Libye[131]. La majorité de la population, qui autrefois avait un mode de vie nomade et dormait sous des tentes, vit aujourd'hui dans les villes dans des immeubles et des maisons, faisant disparaître les traditions[132]. Un petit nombre de Libyens continuent de vivre dans le désert avec leurs familles comme ils le faisaient depuis des siècles. La plupart des habitants sont employés dans l'industrie, le secteur tertiaire et une petite fraction de la population dans l'agriculture.
En 1938, du temps de la colonisation italienne, il y avait plus de 840 000 colons italiens en Libye. Entre 1943 et 1947, la plupart quittent la Libye. Une autre vague de départs aura lieu entre 1969 et 1972. De nos jours,(estimations de 2011), les Italiens sont environ 15 000, et surtout implantés en Tripolitaine, où certains vivent de l'agriculture. Ils sont généralement bilingues, et en plus de l'italien, ils maîtrisent très bien l'arabe, surtout depuis le début des années 1970 avec la politique d'arabisation du régime, où la langue italienne et l'alphabet latin furent interdits dans l'administration, et l'affichage (commerces, écoles, etc.)[réf. nécessaire]
Éducation
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Sous le régime de Kadhafi, l'enseignement en Libye accueille 1,7 million de personnes dont 270 000 étudiants[133]. L'éducation est gratuite pour tous les citoyens[134] et obligatoire jusqu'au niveau du secondaire. Le taux d'alphabétisation, avec 82 % de la population sachant lire et écrire, est le plus élevé d'Afrique du Nord[135].
Après l'indépendance de la Libye en 1951, la première université du pays ouvre ses portes à Benghazi[136]. Le nombre d'étudiants en 1975/1976 atteint 13 418 et passe à 200 000 en 2004 auxquels il faut ajouter 70 000 personnes suivant des formations de technicien supérieur ou professionnelles[133]. La croissance rapide des effectifs s'est traduite par un accroissement parallèle du nombre d'établissements d'enseignement supérieur.
Depuis 1975 le nombre d'universités est passé de 2 à 9 et le nombre d'instituts de formation professionnelle et de techniciens supérieurs (dont l'apparition remonte à 1980) est passé à 84[133]. L'enseignement supérieur est financé essentiellement par le budget national et représente 38,2 % de celui-ci[136].
Les principales universités libyennes sont :
- Université de Tripoli à Tripoli ;
- Université de Benghazi à Benghazi[137];
- Université Omar Al Mukhtar à Beïda.
Universités privées
Les principaux instituts technologiques sont :
- l'Institut supérieur de technologie informatique à Tripoli ;
- l'Institut supérieur d'électronique à Tripoli.
Culture
[modifier | modifier le code]| Date | Nom français | Nom local | Remarques |
|---|---|---|---|
| 28 mars | Fête de l'évacuation des bases militaires étrangères | ||
| 7 octobre | Fête de l'évacuation des troupes italiennes | ||
| 24 décembre | Jour de l'indépendance | Eid El Istiqlal | prononcé en 1951 |
Langues
[modifier | modifier le code]Langues étrangères
[modifier | modifier le code]La langue étrangère principale, parlée en seconde langue, est l'anglais, qui est aussi la langue la plus parlée des classes supérieures. L'italien compte plus de 50 000 locuteurs en seconde langue, surtout en Tripolitaine. À un moment donné, l'Italien était la seconde langue des plus de 65 ans éduqués qui avaient connu la colonisation italienne. L'Italie étant devenue le premier partenaire commercial, l'italien reprend de la vigueur depuis quelques années, surtout depuis la levée de l'embargo des années 1990/2000. Longtemps associée au colonialisme italien, la situation changera entre 2007 et 2009 quand l'Italie demandera le pardon de la Libye pour le colonialisme, et qu'elle indemnisera ce pays, pour tourner la page du passé colonial de l'Italie. Mais de nombreuses plaies demeurent.
Le français est parfois parlé. Le turc, très marginal, avec un faible nombre de locuteurs, reste une langue de culture : Tripolitaine et Cyrénaïque ont longtemps été des dépendances de l'Empire ottoman, avant 1912.
Les jeunes se tournent désormais vers les langues occidentales : anglais pour le plus grand nombre, italien et français. Les autres langues enseignées dans les universités sont l'allemand, le chinois, et le russe.
Religions
[modifier | modifier le code]La plus grande partie de la population (97 %) est de confession musulmane. Le sunnisme y est prédominant. Une minorité, surtout localisée dans le djebel Nefoussa, adhère à l'ibadisme (une branche du kharidjisme[139]).
Le pays compte également 3 % de chrétiens soit près de 100 000 baptisés dont la majorité sont catholiques[140]. Ces derniers dépendent du vicariat apostolique de Tripoli, de celui de Benghazi et de celui de Derna. Jusque dans les années 1970, il existait une communauté juive en Libye. Forte d'environ 36 000 membres à l'indépendance en 1948, elle a massivement émigré en Israël et dans une moindre mesure en Italie en raison du réveil du nationalisme arabe et des soubresauts du conflit israélo-arabe[141].
L'International Religious Freedom Report 2004 indique que "les personnes manifestant leur foi chrétienne de façon visible tels les évêques, les prêtres et les religieuses ne font presque jamais l'objet de discrimination par les Libyens et qu'elles s'entendent bien avec le gouvernement libyen". Le rapport souligne également que les non musulmans n'ont pas signalé d'incidents de harcèlement ni par les autorités ni par la majorité musulmane du pays. International Christian Concern n'a pas inclus la Libye parmi les pays où il y a "persécution ou discrimination sévère contre les chrétiens"[142].
Condition féminine
[modifier | modifier le code]À la fin des années 1960, moins de 10 000 d'entre elles avaient atteint un niveau d'éducation supérieur, les femmes étant soumises à un système patriarcal depuis des siècles.[réf. souhaitée]
À partir de 1969, le colonel Kadhafi fait de leur statut l'un des piliers de la transformation de la société : scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans, autorisation du mariage portée à 18 puis à 20 ans, éducation mixte jusqu'au secondaire. En 2008, les Libyennes sont majoritaires dans les universités nationales.[réf. souhaitée]
En 1970, une loi a été adoptée qui affirmait l'égalité des sexes et insistait sur la parité salariale. En 1971, Kadhafi soutient la création d'une Fédération générale des femmes de Libye. En 1972, une loi est adoptée pénalisant le mariage des filles de moins de seize ans et fait du consentement de la femme une condition indispensable pour le mariage[143].
En 2019, une parlementaire, Seham Sergiwa, a été enlevée à Benghazi et n'a pas été revue[144]. Elle avait critiqué l'offensive lancée par Khalifa Haftar sur Tripoli[145]. Le , l'activiste libyenne Hanane Al-Barassi, qui donnait constamment la parole aux femmes libyennes victimes de violences dans le pays et dirigeait une association locale qui défende les droits des femmes, a été assassinée en pleine rue à Benghazi par des hommes armés[146]. Elle était également une figure de lutte contre la corruption, et avait déclaré la veille de sa mort qu'elle voulait exposer des détails au sujet du fils du maréchal Khalifa Haftar, Saddam[147]. Selon Amnesty « L’assassinat d’Hanane met en évidence la menace qui pèse sur la vie des femmes qui s’expriment sur les questions politiques en Libye »[145].
Médias
[modifier | modifier le code]Le pays dispose d'une chaîne de télévision publique, Libya Al Watanya, qui a succédé à l'ancienne télévision d'État Aljamahiriya TV après la chute de Mouammar Kadhafi. La fin de la dictature a également favorisé l'émergence de nombreuses stations de radio privées[148]. Avant 1972, il y avait des journaux qui paraissaient en Italien et en Anglais en Libye, mais à partir de 1970, ils furent interdits avec la politique d'Arabisation du régime. Depuis la chute du régime Kadhafi en 2011, la presse et les médias en langues étrangères sont de nouveau autorisés. Il pourrait y avoir à l'avenir des chaines TV et des journaux en Anglais, Italien, et Français, en plus de l'Arabe.
Cinéma
[modifier | modifier le code]Cinéma libyen
[modifier | modifier le code]La Libye est d'abord représentée au cinéma dans de courts films documentaires au moment où l'Italie occupe la Libye[149]. Dans les années 1950, le royaume de Libye produit quelques documentaires courts à propos de la cité antique de Leptis Magna. Mais le premier film libyen au sens fort du terme, réalisé et joué par des Libyens, est Indama Yaqsu al-Zaman (Le destin est très dur), Abdella Zarok, qui sort en 1972 et est tourné en noir et blanc[149]. The General Organization for Cinema est alors créée et joue un rôle important dans la production de nombreux films, principalement des courts métrages et des documentaires mais aussi plusieurs longs métrages (elle disparaît en 2010)[149]. Entre 1940 et 1960, de nombreux cinémas ouvrent en Libye, mais ils diffusent principalement des films italiens, égyptiens, indiens ou américains[149]. Le public libyen n'a alors que très difficilement accès aux films libyens, qui ne sont visibles que dans la salle de projection de l'Organisation du cinéma à Tripoli et qui ne sont que très rarement édités en VHS[149]. À partir de 1975, le gouvernement prend le contrôle des cinémas et leur interdit l'accès aux films étrangers ; les salles ferment peu à peu[149]. La chute de Mouammar Kadhafi fin 2011, rend possible un redémarrage de la production de films et la réouverture de cinémas dans le pays[149].
Libye dans les films étrangers
[modifier | modifier le code]Le film historique du réalisateur américain Moustapha Akkad Le Message, qui sort en 1976 et relate la vie du prophète Mahomet, est tourné en grande partie en Libye. Un autre film historique du même réalisateur, Le Lion du désert, sorti en 1981, traite de la guerre du désert et de la résistance des Bédouins, menés par Omar al-Mokhtar, contre l'armée italienne du général mussolinien Rodolfo Graziani en 1929.
Plusieurs films évoquent la Seconde Guerre mondiale et l'offensive du Général Rommel en Libye, et en particulier à Tobrouk.
Plusieurs films évoquent ces opérations :
- The Rats of Tobruk, film australien de 1944.
- Along the Great Divide, Une corde pour te pendre, film américain sorti en 1951 avec Kirk Douglas.
- Les Rats du désert, film américain sorti en 1953 et relatant les faits d'armes de la 7e division blindée britannique.
- Un taxi pour Tobrouk, film français de 1960, de Denys de La Patellière avec Lino Ventura, Charles Aznavour, Maurice Biraud et Hardy Krüger.
- Tobrouk, commando pour l'enfer, film américain de 1967, d'Arthur Hiller avec Rock Hudson et George Peppard.
- Le Cinquième Commando, film américain de 1971, d'Henry Hathaway avec Richard Burton.
- La Bataille de Tobrouk, film tchèque de 2008, de Jan Meduna.
- La bataille de Tobrouk, film slovaco-tchèque de 2010, de Václav Marhoul avec Jan Meduna, Petr Vanek et Robert Nebrenský.
Et une série :
- Commando du désert (1966-1968), une série télévisée américaine basée sur les faits d'armes de la 7e division blindée britannique.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ En concurrence depuis le avec Fathi Bachagha puis Oussama Hammad, dont il conteste la régularité de l'élection puis l'investiture par la Chambre des représentants. Il est le seul reconnu par la communauté internationale.
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Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- André Martel, La Libye, 1835-1990. Essai de géopolitique historique, Paris, PUF, coll. Perspectives internationales, 1991, 256 p.
- Véronique Sarano, Libye : trésor sorti de l'ombre, Paris, Vilo, , 159 p. (ISBN 2-7191-0611-9 et 9782719106112, OCLC 401522853, lire en ligne)
- Michela Costanzi, « Invitation à une nouvelle réflexion sur les fondations grecques en Libye », Revue des études grecques, t. 126, no 2, , p. 345-370 (lire en ligne)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Congrès général national
- Conseil national de transition
- Première guerre civile libyenne
- Forces armées de la Jamahiriya arabe libyenne
- Armée de libération nationale (Libye)
- Armée nationale libyenne
- Liste des chefs d'État libyens
- Histoire de la Cyrénaïque
- Prix Kadhafi des droits de l'homme
- Affaire des infirmières bulgares
- Relations entre la Corée du Nord et la Libye
- Islam en Libye
- Littérature berbère
- Droits LGBT en Libye
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à la géographie :
- Ressource relative à la vie publique :
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- Ressource relative à la bande dessinée :
- Ressource relative aux beaux-arts :
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- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Britannica
- Brockhaus
- Den Store Danske Encyklopædi
- Dictionnaire historique de la Suisse
- Dizionario di Storia
- Enciclopedia italiana
- Enciclopedia De Agostini
- Encyclopédie de l'Ukraine moderne
- Gran Enciclopèdia Catalana
- Internetowa encyklopedia PWN
- Nationalencyklopedin
- Store norske leksikon
- Treccani
- Universalis
- La Libye, important fournisseur de pétrole pour l'Europe, cartes
- Les journaux de Libye
- Rapport du Parlement européen sur les droits de l'homme en Libye
- Rapport d'Amnesty International sur les droits de l'homme en Libye
- Situation linguistique de la Libye
- (en) Underground "Fossil Water" Running Out Brian Handwerk, National Geographic, 6 mai 2010.
- (en) Libya turns on the Great Man-Made River Marcia Merry, Printed in the Executive Intelligence Review, septembre 1991.